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Ces strates visuelles et sonores suggèrent le mouvement des plaques tectoniques sans jamais en définir les contours. Elles en dévoilent, par fragments, certaines manifestations palpables, concrètes, tout en proposant un écho à l’échelle de l’individu.


« Je me prends les pieds dans la boue gelée, le nylon se froisse. » On prend soudain conscience du support sur lequel on évolue. Le fourmillement de l’activité humaine communique avec le grondement de l’activité géologique. Le terrain et le souterrain se retrouvent sur un même plan. On oscille d’un côté et de l’autre d’une même faille, parfois submergé par le flot d’une fonte des glaces trop rapide.


La répétition, l’inversion, le changement de rythme, l’usure, comme autant de processus laissant notre esprit vagabonder dans une cartographie mentale inédite, sombre et méditative. Le ressac recouvre et laisse incessamment place à une toile vierge. Le tumulte des eaux de ruissellement semble altérer notre mémoire, nous obligeant à recomposer des bribes.


Une quête introspective, confinée derrière un miroir au reflet brisé. Le lent mouvement des plaques agit comme la trame d’une analogie entre deux systèmes qui cohabitent. Des échos de formes, de sons, de signes, qui glissent les uns sur les autres, les uns sous les autres.



Dilution. Dysphonie. Dystopie. Sauter dans les flaques de verre. Les gouttes traversent. Les gouttes transpercent. Les gouttes écoutent. Infiltrations. Briser l’aphonie. Dire le silence.  Faire du bruit pour occuper l’espace. Remplir de transparences.

ELISE GESSIER

Plasticienne



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